Le prêtre est pris parmi le peuple par Dieu et reste à son service

Publié le par Sébastien SASA

Cher Giorgio Antonio PISANO,

Je te souhaite un bon cheminement dans le Seigneur et cela à tête haute. C’est Lui qui t’a choisi. Tu le sais, le prêtre est pris parmi le peuple par Dieu. Ce dernier le consacre par l’onction pour retourner au milieu de siens, plein d’onction, d’énergie, de force et d’Esprit Saint. Avec ce peuple, il est chrétien et pour eux, il est pasteur, guide. De ce fait, il doit être à l’écoute non seulement de Dieu, mais aussi ce celui de son peuple. Moise, n’a-t-il pas été le pont entre Dieu et son peuple, ses co-nationaux ? N’a-t-il raconté à Dieu les souffrances, les misères d’Israël ?

Le prêtre est appelé à prendre les offrandes, les cris, les suppliques, les joies et les souffrances du peuple pour les offrir à Dieu, qui du reste, est Papa et Maman. Pour ce faire, il doit être toujours à l’écoute de son peuple. Tous les problèmes de notre peuple ou mieux des fidèles que le pasteur de Naples t’a confié, doivent être toujours dans ton cœur. Ils doivent devenir objet de ta prière, de ta sollicitude pastorale. Le Concile Vatican II affirme clairement ceci : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire » (Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et Spes, n°1).

Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des paroissiens du Sacré-Cœur, de Portici, de Naples, de toute l’Italie et de toute l’Église Universelle, bref du monde entier, trouvent une place dans ton cœur et dans tes prières. Ensemble avec tes paroissiens et avec eux, tout le monde, offrez à Dieu tout cela. Il exaucera vos prières. Suffit-il seulement de prier ? Je crois que non ! Il faut conjuguer, comme nous l’a enseigné Saint BENOÎT, la prière et le travail, la sacristie et les immeubles, les maisons des gens, les chants et l’engagement concret dans la société civile. Nous avons le devoir d’éduquer notre peuple à cela : être des vrais chrétiens et des citoyens authentiques, capables de changer leur destin en destinée. La doctrine sociale de l’Église Catholique nous invite à cela. Il ne peut exister une Église, une communauté chrétienne, une Communauté Ecclésiale Vivante de Base séparée ou en dehors du monde.

Giorgio, ces paroles du Pape Paul VI ne peuvent que vous encourager dans votre mission sur le territoire de Portici, de Naples : « Mais désormais, les initiatives locales et individuelles ne suffisent plus. La situation présente du monde exige une action d'ensemble à partir d'une claire vision de tous les aspects économiques, sociaux, culturels et spirituels. Experte en humanité, l'Eglise, sans prétendre aucunement s'immiscer dans la politique des Etats, "ne vise qu'un seul but: continuer, sons l'impulsion de l'Esprit consolateur l'œuvre même du Christ venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, pour sauver, non pour condamner, pour servir, non pour être servi"  Fondée pour instaurer dès ici-bas le royaume des cieux et non pour conquérir un pouvoir terrestre, elle affirme clairement que les deux domaines sont distincts, comme sont souverains les deux pouvoirs ecclésiastique et civil, chacun dans son ordre Mais, vivant dans l'histoire, elle doit "scruter les signes des temps et les interpréter à la lumière de l'évangile". Communiant aux meilleures aspirations des hommes et souffrant de les voir insatisfaites, elle désire les aider à atteindre leur plein épanouissement, et c'est pourquoi elle leur propose ce qu'elle possède en propre: une vision globale de l'homme et de l'humanité » (Populorum Progressio, n° 13).

Giorgio, bon travail. Que Dieu te bénisse et Marie, Notre Mère du ciel t’accompagne toujours tout au long de ton ministère. Continue à édifier ici-bas le Royaume de Dieu : un Royaume d’un peuple saint, des prêtres, de pardon, d’amour, de miséricorde, de justice et de paix. Tata Giorgio, « Duc in altum ».

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